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LETTRE OUVERTE AU DOCTEUR BONNEMAISON

Mon confrère, mon frère,

quand le verdict est tombé, j’étais certain que tu allais te suicider. Tu ne pouvais pas t’ en sortir.

Harcelé par la crapulerie de soignants mal-intentionnés, abandonné par tes pairs: le conseil de l’ ordre t’ a radié le lendemain de ton acquittement au premier procés, poursuivi par un parquet aux ordres d’ un venimeux  serpent pour lequel un médecin est une proie facile, tu n’avais que ton humanité et ton honneur de médecin à opposer. Autant dire rien face à tant d’ ignominie.

Copernic l’ avait écrit: il n’est pas de remède à la morsure des sycophantes. C’ est cela qui t’ a empoisonné.

J’ espère que tu vas te remettre, que tu réussiras, un peu, à revivre, et qui sait, à retoucher un patient, car, tu l’ as dit, c’ est cela qui nous plait plus que tout.

Et je crache à la gueule de tous ceux qui auront participé, directement ou indirectement, à l’ euthanasie que tu auras fini par t’ infliger.

Courage.

lenonce

24 réflexions sur “LETTRE OUVERTE AU DOCTEUR BONNEMAISON

  1. Je ne suis pas médecin, mais j’espère que dans les dernières heures, j’en trouverai un qui n’aura pas la trouille des jean-foutre pour me faire franchir la ligne.

  2. Merci pour cette lettre ouverte que je plussoie de tout cœur.

    Courage, Monsieur le docteur Bonnemaison : le peuple, le vrai, vous comprend et vous soutient. Vous avez agi courageusement et selon votre conscience. Soyez fier de vous et ne vous laissez pas détruire par d’aussi calamiteux nuisibles.

  3. le courage n’est plus guère présent dans certains milieux, moi aussi, j’espère avoir dans mes dernières heures un vrai humaniste qui saura m’accompagner dans un autre monde , je salue en tous les cas ce médecin qui a de l’honneur et lui souhaite de pouvoir se remettre en selle rapidement, il y a des tas de gens qui ont besoin de lui

  4. Lenonce, merci pour ton choix d’actualité. Pour peu j’entonnerais la « Ballade des Pendus » en pensant à mes confrères, mais parce que  » de notre mal beaucoup se rient « , je crois plus didactique de citer l’un des nôtres :
     » Rien ne nous rapproche, vous appartenez à une autre espèce, vous voyez d’autres gens, vous entendez d’autres voix. Pour moi, simplet, Dieu c’est un truc pour penser mieux à soi-même et pour ne pas penser aux hommes, pour déserter en somme superbement. (…)Je suis écrasé par la vie, je veux qu’on le sache avant d’en crever, le reste je m’en fous, je n’ai que l’ambition d’une mort peu douloureuse, mais bien lucide et tout le reste c’est du yoyo.  »
    Dr Destouches
    ,

  5. Destouches, c’est le vrai nom de Louis Ferdinand Céline, auteur plus que connu, d’où le jeu de mot de Dominique.

    • J’aurais même pu compléter avec une allusion à Hughes Auffray:
      « Il avait de l’ouïe Ferdinand pour écouter Céline !… »

  6. Je suis très touchée par ta « Lettre ouverte… », tout comme je le suis par ce médecin humaniste qui pense aux autres avant de penser à lui-même. Attristée par cette « affaire », je me réjouis cependant que de tels hommes existent encore dans notre société mercantile, égocentrique, indifférente à autrui. Je m’associe à tous ceux qui lui souhaitent de tout coeur un prompt rétablissement sur tous les plans : santé, mental, travail…
    « Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté « 

  7. Je ne connais pas l’affaire dans tous ses détails mais il me semble me souvenir que le Dr Bonnemaison a agi seul et que c’est l’équipe soignante qui a procédé à un signalement.
    Vous en parlez comme de « crapules » je n’ai rien à dire là-dessus si ce n’est qu’un médecin quel qu’il soit ne peut agir seul et encore moins agir hors la loi.
    Tous les commentateurs ici vous rejoignent pour faire du Dr Bonnemaison un humaniste altruiste et courageux.
    Je ne connais pas cet homme et je ne porterai aucun jugement sur ses motivations même si je suis très réservée sur cette forme d’altruisme couplé au pouvoir exorbitant de donner la mort.
    Ce qui me dérange beaucoup dans ses actes, ce n’est pas l’euthanasie active en elle-même pratiquée en contravention avec la loi, c’est qu’il ait agi seul.
    Pour la protection des malades et celle du personnel soignant, seule une décision collégiale devrait présider à une euthanasie après bien sûr écoute du patient si celui-ci peut se faire entendre et écoute de sa famille.
    Aucun homme, aucun médecin n’est à l’abri d’une faiblesse, d’un moment difficile dans sa vie personnelle qui peut influer sur une décision professionnelle.
    La collégialité est le garde-fou qui protège médecins et patients.
    La fin de vie mérite mieux que quelques scandales et des positions tranchées entre les pro et les anti mais comme son antichambre la vieillesse, elle n’est pas « tendance » et reste confinée dans les hôpitaux et les maisons de retraite.

    • L’affaire commence quand des « soignants » voit Bonnemaison sortir de l’infirmerie avec une seringue dans sa poche. Il rentre alors dans la chambre d’une patiente en fin de vie. Quelques temps aprés, elle décède. Les « soignants » fouillent les poubelles, trouvent deux ampoules de curare: CQFD! Ils alertent la cadre, le chef de service qui prévient le directeur. 48h après, sans avoir été entendu !!!!, Bonnemaison est convoqué à la direction: des policiers l’attendent, le menottent et l’incarcèrent. L’affaire commence, mais Bonnemaison est déjà condamné.
      On va alors ressortir tous les décès « suspects » de l’urgentiste, mais quand on autopsie la patiente « numéro 1 », point de curare dans le sang. Tout repose donc sur la délation sans preuve des dits « soignants », dont je maintiens le qualificatif de crapules!
      Pour le reste du débat sur la fin de vie, ce n’ était pas mon idée de le lancer à l’occasion de ce coup de gueule. On pourra y revenir, et merci pour votre intervention.

  8. Euh, pour ma part, j’aimerais autant qu’aucun humaniste ne vienne de son propre chef me donner la mort ou la donner à ma mère en mon absence parce qu’il estime que ma vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Surtout s’il est lui-même dépressif. D’ailleurs ce type d’urgentiste bien intentionné me dissuaderait plutôt de confier mon sort à l’hôpital, des fois que… J’aime mieux mourir toute seule à la maison que par la piqûre d’un mini-dieu en blouse blanche.

    • « J’aime mieux mourir toute seule à la maison que par la piqûre d’un mini-dieu en blouse blanche. »
      Ce type de situation n’est malheureusement pas la réalité du quotidien d’un service d’urgences. Tous les cas recensés étaient des personnes dans le coma, sans perspective thérapeutique.
      Et je nie pas que Bonnemaison a fait des erreurs dans la gestion et la communication.

  9. Je jour où je serai arrivée au bout de mes souffrances, le jour où plus aucun espoir ne me sera permis, j’espère qu’un médecin ami m’aidera à passer de vie à trépas, en me fournissant ou en m’administrant une substance létale. Pas besoin du consentement de mes proches, pas besoin d’une équipe médicale, ce sera un contrat entre lui et moi. Par caritas

    • Faudrait-il donc que toute personne en fin de vie possède un médecin ami attitré qui accepte de contrevenir à la loi…?
      Cela ne semble ni réaliste ni souhaitable.

      • @libresechanges, C’est ce que je souhaite pour moi, tout en sachant que ce n’est pas réaliste. Qui peut avoir la certitude de pouvoir compter sur un ami, médecin ou pas (ou d’un médecin, ami ou pas !) lors d’une telle demande ?.

      • Je me demande parfois si certains ont déjà été confrontés à cette fin de vie en hôpital ? Pour avoir fait l’expérience avec deux proches, dans bien des hôpitaux les médecins avec beaucoup de tact proposent d’abréger les souffrances et l’agonie. Vous partez le soir de l’hôpital et dans la nuit on vous téléphone pour vous annoncer le décès. Il est bien entendu nécessaire que l’équipe médicale décide ensemble. Je ne connais nullement l’affaire de ce médecin, mais visiblement on a fait le nécessaire pour le faire tomber. La délation étant revenue à la mode, plus rien ne m’étonne.

  10. Je suis effarée à la lecture de quelques commentaires ici mais aussi ailleurs. Quel manque d’humanité, quel manque de compassion face à la souffrance inimaginable!……..

    Chacun pense à sa propre mort en parlant de la mort des autres!
    Mais qu’est ce que ces moralisateurs s’imaginent, que les médecins rôdent dans les couloirs la seringue à la main en criant « c’est votre tour ».

    J’engage vivement ces gens à ne pas se défiler et rendent visite à un de leurs proches, à un collègue, à un enfant par exemple à l’IGR de Villejuif ou dans un service de gériatrie!
    Ensuite ils donneront leurs impressions, leurs sentiments leur ressenti sur « la mort »!
    S’ils sont intellectuellement honnêtes, ils modulerons leurs discours et souhaiteront croiser un docteur Bonnemaison pour eux ou leurs proches le jour ou la mort est inéluctable!

    C’est quand même d’une grande hypocrisie que ce médecin ait été condamné. Je ne connais pas tous les détails de cette affaire. Mais le président du tribunal a bien travaillé les jurés pour les amener à un verdict de 2 ans avec sursis …………..Ou il est reconnu coupable ou innocent…….On est pas un peu coupable et un peu innocent en même temps dans une affaire pareille!

  11. Entièrement d’accord avec vous. On ne peut émettre un avis pertinent sur ce sujet sans un minimum d’expérience facile à acquérir. Il suffit, comme vous l’avez rappelé, d’aller dans un service hospitalier confronté quotidiennement à la mort …

  12. Accompagner des proches pendant des mois ou des années dans les hôpitaux, y côtoyer le bon mais aussi le moins bon, visiter des résidents d’institutions pour personnes âgées dépendantes, voilà qui peut donner un peu d’expérience en la matière me semble-t-il.
    Pour ma part, j’en tire comme conclusion que la prise en compte du patient ou de la personne âgée s’améliore globalement mais individuellement, cela relève encore du hasard plus ou moins bienveillant envers les personnes fragilisées par la maladie ou la vieillesse qui n’ont pas le choix face à l’équipe qui va prendre soin d’elles.

    • On peut écrire des procédures pour traiter l’hypertension, le diabète ou le cancer de la prostate, mais on ne pourra jamais codifier entièrement le colloque singulier médecin-patient.

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